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Colza et plantes compagnes

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Les plantes compagnes  dans les colzas

Le principe des plantes compagnes
1. Semer des légumineuses en même temps que le colza. Elles sont semées dans la même ligne que le colza ou entre les rangs de colza.
2. Les plantes compagnes sont détruites par le gel ou chimiquement avant la reprise de végétation du colza en sortie hiver.

 

Les avantages vérifiés

Economie de 30 à 40 u azote/ha avec les couverts à base de légumineuses et bilan carbone amélioré.
Le semis de légumineuse avec le colza permet de diminuer la fertilisation azotée de 30 à 40 u.

Le rendement est maintenu et parfois
légèrement amélioré
Les conditions pour que le rendement du colza avec
plante compagne soit maintenu sont une maitrise du
désherbage de la parcelle et une destruction
impérative du couvert. Dans les limons de
Normandie, il n’est pas observé d’effet bénéfique
des plantes compagnes comme c’est le cas sur des
Argilo-Calcaire de la région Centre. Le rendement
final du colza est identique ou légèrement supérieur
au colza avec plantes compagnes.

 

Les inconvénients

Les plantes compagnes ne gèlent pas toujours
Les plantes compagnes du colza sont bénéfiques
pour le colza à condition d’être impérativement
détruire en sortie hiver soit par le gel, soit par un
désherbant chimique. Dans de nombreux essais, le
rendement du colza seul est bien supérieur à
l’association si le couvert n’a pas été détruit. Les
vesces font partie des plantes compagnes les plus
nuisibles en absence de destruction, la féverole
serait moins en concurrence avec le colza avec tout
de même un problème à la récolte et un triage
nécessaire. / TAB/

 

En Normandie, il n’est pas possible de compter sur
le gel chaque année pour détruire le couvert. La
destruction du couvert devra être prévue dans le
programme désherbage. Les plantes compagnes
peuvent engendrer l’application d’un désherbant
supplémentaire.

Le chantier de semis est plus complexe. Attention, à
sélectionner des graines qui ont une forme
particulière pour éviter la séparation des graines
dans le semoir. Le mélange Gesse + Lentille +
Fenugrec est bien adapté ou les mélanges vesces +
trèfles blancs nains. Il n’est pas possible de mettre
dans la trémie des quantités de semences trop
importantes. Il faut régulièrement alimenter le
semoir. Avec le temps, même pour les mélanges
adaptés les semences ont tendance à se séparer.
Avec les couverts à grosses graines, comme la
féverole, deux semis seront réalisés. Un 1er semis
pour les plantes compagnes et un 2nd pour le colza.
Attention de ne pas pénaliser la levée du colza par
un travail du sol trop important et un dessèchement
des 1ers cms de sol.
· Le surcoût semence est de l’ordre de 40 à
50 €/ha
Le surcoût semence est très important puisqu’il
représente 60 à 80 % du coût semence colza et le
résultat n’est pas assuré chaque année. A l'automne
2010 et 2011, les plantes compagnes avaient très
mal levé à cause du sec, seuls quelques pieds de
colza avaient levé très tardivement.
Si les sols sont très secs au moment du semis du
colza, il faut mieux s’abstenir de semer des plantes
compagnes et réserver le peu d’humidité du sol à la
levée du colza.
Lors des semis tardifs, après le 5-10 septembre,
l’intérêt des plantes compagnes est aussi limité car
les conditions météo températures et longueurs du
jour ne permettent plus un développement suffisant
du couvert.
Pour obtenir un effet des plantes compagnes sur le
colza, le couvert doit faire 600-700 g/m² en entrée
hiver.

Technique à réserver aux parcelles sans
soucis de désherbageLes plantes compagnes ont peu d’effet sur le
salissement des parcelles. Avec les essais et
démonstrations de plantes compagnes, nous nous
sommes aperçus que de nombreuses parcelles de
colza étaient assez propres sans désherbage
antidicote avec ou sans plante compagne. Mais elles
n’ont pas d’effet étouffement sur les adventices
courantes de la région. Les ravenelles, les sanves,
les capselles, les laiterons, matricaires ne sont pas
étouffées par les plantes compagnes. Par contre, le
Cetiom avait démontré un intérêt des plantes
compagnes sur les parcelles avec un problème
d’envahissement par le géranium.
La technique des plantes compagnes avec le colza
est à réserver aux parcelles sans soucis majeurs de
désherbage. En effet, il est plus compliqué de
désherber le colza sans ralentir et dans les pires des
cas détruire les plantes compagnes. En cas de
nécessité d’un programme désherbage conséquent
pour maitriser certaines adventices, les plantes
compagnes pousseront au ralenti.

 

Comment choisir sa plante compagne ?

Le choix de la plante compagne que l’on va associer
avec son colza demande des précautions
particulières indispensables autant pour le bon
fonctionnement de cette pratique sur la culture en
place que sur les cultures à venir de la parcelle :
4
- Le choix de la plante compagne se fera
obligatoirement parmi une légumineuse car le
premier avantage des plantes compagnes est la
fourniture d’azote.
- Privilégier les plantes compagnes qui sont non
étouffantes pour le colza, on évitera le pois
par exemple. Privilégier les espèces déjà testées.
Eviter absolument le pois fourrager trop
concurrent du colza.
- Choisir des espèces gélives pour une
destruction de la plante compagne l’hiver. Dans
le cas de crainte d’absence de gel comme cela se
produit depuis 2 années choisir des espèces qui
pourront se détruire facilement chimiquement si
nécessaire.

Dans les rotations avec des protéagineux
(féverole, pois d’hiver, pois de printemps), on
évitera d’intégrer ces espèces dans les couverts.
- Dans les rotations avec pois d’hiver et/ou de
printemps, pour ne pas augmenter la pression
d’inoculum Aphanomyces, il faut à tout prix
éviter les lentilles et les gesses. Il est prudent de
sélectionner des espèces de vesces, et de
trèfles qui ne transmettent pas
l’aphanomyces.
Chez la vesce, les différences entre variétés sont
très importantes, certaines sont sensibles,
partiellement résistantes ou totalement
résistantes. Il est très important de connaître la
variété des vesces des mélanges commercialisés
pour vérifier la sensibilité.
- La féverole, la vesce commune « NACRE », le
trèfle d’Alexandrie « TABOR » et le fenugrec sont
résistants à l’aphanomyces.
Le couvert peut être constitué d’une seule espèce ou
d’un mélange. Les mélanges présentent l’intérêt de
profiter des atouts de chaque espèce et d’assurer la
couverture par la levée d’au moins une espèce en
cas de conditions climatiques difficiles. Dans le cas
de mélange, il faudra veiller à prendre en compte la
taille et la forme des graines lors de la préparation
du mélange et semer au moins trois espèces de
tailles différentes pour éviter la séparation des
graines dans la trémie. / tab /

 

Mise en place de la culture de
colza et de sa plante compagne
L’implantation est l’étape clé pour réussir un colza
associé. Toutes les conditions doivent être réunies
pour une levée rapide afin d’obtenir une couverture
rapide et homogène du sol.
Préparation avant semis : Pas de différence
De la récolte du précédent au semis, il n’y a pas de
différence d’intervention entre un colza associé et un
colza seul. En revanche il est important de bien
soigner le lit de semence pour garantir une bonne
implantation du couvert.
Date de semis : plus précoce qu’un colza seul
Il est fort recommandé d’avancer la date de semis
du colza et du couvert de 4 à 5 jours par rapport à
un colza seul, notamment en sols argileux et argilocalcaires.
Ceci pour :
- favoriser la croissance du colza puis des couverts ;
- augmenter la sensibilité au gel des plantes
compagnes associées.
Semis : plusieurs solutions en fonction de
l’équipement
Quelle que soit la méthode de semis, le colza et sa
plante compagne doivent être semés à la même
date. Il peut se réaliser de plusieurs façons, en un
ou deux passages selon le matériel disponible :
- Le semis simultané avec un semoir céréale
classique avec les graines de colza et de couvert
mélangées dans la même trémie. Avec cette
pratique soyez vigilant à la taille des graines du
couvert, préférer de petites graines pour assurer
une bonne répartition du couvert dans la trémie.
- Le semis simultané avec un semoir équipé
de deux trémies (type SEMEATO) : une pour le
couvert et une pour le colza. C’est la pratique la
plus simple à mettre en oeuvre et assurant un
travail de qualité.
- Le semis en deux passages successifs avec
un semoir à céréale. Dans cette situation
commencez par semer la plante compagne puis
semez le colza. L’inconvénient de cette pratique
est un assèchement important du lit de semence
pouvant entraînant une levée plus tardive voir
une mauvaise levée du colza et de la plante
compagne.

Stratégie désherbage

Les plantes compagnes sont sensibles aux
désherbants antidicotylédones utilisés
classiquement sur culture de colza. Pour ne pas
pénaliser trop leur développement, le programme de
désherbage doit être réajusté. Les doses employées
sont plus faibles que dans les programmes
classiques. Le pouvoir concurrentiel des plantes
compagnes n’est pas suffisant pour compenser cette
diminution des doses. C’est pourquoi, il est conseillé
d’implanter des plantes compagnes sur des parcelles
sans problème de salissement majeur.

 

Parcelles a priori propres
Sur ces parcelles, plusieurs solutions sont possibles
en prélevée ou éventuellement en post-levée
précoce. Préférer les applications en post levée
précoce, la croissance du couvert sera moins
freinée.
NOVALL (métazachlore, quinmérac) : 1 L/ha
BUTISAN S (métazachlore) : 0.75 l/ha-1 L /ha
SPRINGBOK (métazachlore, diméthénamid-p) :
1,5L/ha
ALABAMA (métazachlore, diméthénamid-p,
quinmérac) : 1 L/ha
Sur des parcelles très propres des impasses sont
possibles.
6
Parcelles présentant un salissement moyen sans gaillet, ni crucifère

// TAB //

Stratégie prélevée puis post-levée :
SPRINGBOK : 1L/ha puis NOVALL 0,8 L/ha
Parcelle présentant un salissement important
ou avec gaillets et crucifère.
Sur ces parcelles, nous vous conseillons d’éviter
l’implantation de plantes compagnes.
Lutte contre les graminées
Si la stratégie de lutte contre les dicotylédones doit
être adaptée à la présence des couverts associés,
celle contre les graminées est semblable à celle
rencontrée en situation classique. Pour les repousses
de céréales, on s’orientera vers des antigraminées
foliaires à utiliser préférentiellement en automne.
Pour les antigraminées de la famille des dimes
comme OGIVE ou FOLY R (cléthodime), les
interventions devront avoir lieu avant la minovembre
pour éviter des problèmes de
phytotoxicité. Les applications de KERB FLO
(propizamide) sont préférables si les graminées
ciblées sont des vulpins ou des ray-grass. Elles
devront être effectuées à partir de début novembre
et jusqu’en sortie d’hiver.
Et si le couvert ne gèle pas ?
Des températures suffisamment froides pour
détruire le couvert ne sont pas toujours au rendezvous.
Il est alors nécessaire d’intervenir
chimiquement pour que le colza ne subisse pas la
concurrence des plantes associées qui peut être très
importante.
Pour le moment seules deux solutions sont
possibles.
CALLISTO (mésotrione 100 g/l) à 0.1-0,15L/ha de 6
feuilles jusqu’au stade avant reprise de végétation
du colza. A réserver au colza ayant un bon état
végétatif et légèrement endurci par le froid. Action
également sur sanve, sisymbre, barbarée, capselle,
stellaire, véronique feuille de lierre.
LONTREL SG (clopyralid 720 g/kg) à 0,07kg/ha + 1L
d’huile à partir du 15 février (application non
autorisée réglementaire avant le 15/02), de reprise
de végétation à boutons floraux visibles.
Température >12°C, Hygrométrie >60%. Action
également sur laiteron, matricaire, séneçon.

Et demain ?
A l’avenir, une autre solution pourrait permettre à la fois la gestion du désherbage du colza en post-levée et le
contrôle du couvert associé. En attente d'homologation, le produit IELO associe un antigraminées (la
propyzamide contenu dans KERB FLO) et un antidicotylédones. Il couvre un très large spectre de
dicotylédones : matricaires, coquelicots, bleuets mais aussi les plantes compagnes. Il reste cependant
insuffisant sur gaillet et crucifères.

Et l’économique dans tout ça ?

/ tab /

En résumé, en moyenne, le coût des semences des plantes compagnes est compensé par les
économies d’azote, insecticide. Dans les meilleurs des cas, un petit gain de rendement de + 2 q/ha soit 70 €/ha peut être observé. En absence de gel, le coût de destruction des couverts peut être conséquent et rendre ainsi le bilan négatif de 40 à 70 €/ha.

 

 

 

 

 

 

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