Semis de prairies - choix variétales

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Quelles prairies semer en Normandie ?

Le choix des espèces fourragères pour l’implantation d’une nouvelle prairie est stratégique.

Le choix cohérent des espèces est un compromis entre les conditions pédoclimatiques, le mode d’utilisation et les besoins des animaux.

Différents mélanges sont proposés pour des prairies principalement pâturées ou fauchées.

Un rappel du choix des variétés de trèfle blanc et ray-grass anglais sont indiqués ci-après et dans la brochure éditée par les référents « prairies » des Chambres d’agriculture de Normandie.

  • Caractéristiques des graminées et légumineuses
  • Propositions de mélanges suivant la conduite et les conditions pédoclimatiques
  • Les règles spécifiques pour le semis d’une prairie
  • Comment choisir une variété de trèfle blanc ou ray-grass anglais ?

Intérêts des mélanges prairiaux

  • La présence de légumineuses dans la prairie permet une économie de fertilisation azotée et améliore la teneur en protéines du fourrage.
  • En Normandie, l’association ray-grass anglais (RGA) + trèfle  blanc est la plus performante en bonnes terres (profondes, pas trop humides), surtout pour des vaches laitières.
  • L’inconvénient du RGA est sa croissance ralentie en été. Dans les autres situations, une augmentation raisonnable du n ombre d’espèces peut apporter des avantages : résistance aux aléas climatiques, production plus étalée avec  des dates de récolte moins impératives, équilibre en éléments minéraux, meilleure aptitude à la fauche et au séchage avec des espèces comme le dactyle, les fétuques, la luzerne.
  • Plus le sol est fertile, plus il est difficile de maintenir un nombre élevé d’espèces dans le temps : les plus agressives dominent : réserver l’implantation des mélanges complexes (plus de 5-6 espèces) aux situations difficiles (sécheresse, humidité…), ou non fertilisées.

Critères pour choisir les espèces

Un choix cohérent des espèces est un compromis entre les éléments suivants :

  • Les conditions pédoclimatiques.
  • Le mode d’utilisation : pâture, fauche ou mixte.
  • Les performances et donc les besoins des animaux (type d’animaux, niveau de production, époque de vêlage…).

Légumineuses

Caractéristiques des principales espèces
  • Trèfle blanc : la meilleure légumineuse pour la pâture. Valeurs énergétique et azotée élevées et très stables. Très péren ne, ses stolons permettent de coloniser les espaces vides. Bonne pousse estivale mais supporte mal les conditions très humides et les couverts hauts (manque de lumière). Météorisant.
  • Trèfle violet : adapté à la fauche, tolère les terres froides et acides. Sa pérennité est limitée (2-3 ans) et il est difficile à sécher. Sa valeur énergétique est meilleure que celle  de la luzerne, mais il est moins riche en protéines. D’implantation rapide, il est bien adapté au sursemis. Pérennité 2-3 ans. Très météorisant.
  • Trèfle hybride : un peu plus pérenne que le trèfle violet et mieux adapté aux conditions très humides, il convient pour les utilisations mixtes fauche + pâture. En mélange, il est moins agressif que le trèfle violet. Météorisant.
  • Luzerne : plante de fauche adaptée à la récolte en foin (séchage facile), mais ensilage délicat (fort pré fanage ou conservateur indispensable). La plus riche en protéines mais faible valeur énergétique. Elle nécessite surtout un sol sans  humidité excessive, à bon pH (chaulage impératif si pH <  6,0–6,5). Prévoir une inoculation au semis. Pérennité 3-4 ans. Météorisante.
  • Lotier corniculé : adapté aux sols pauvres, séchants ou très humides. Supporte mal la concurrence en conditions favorables et les pâturages fréquents. Effet « anti météorisant » grâce à ses tannins.

Graminées

Caractéristiques des principales espèces
  • Ray-grass anglais : dans les bonnes terres, c’est l’espèce de base pour le pâturage dans notre région. Très bonnes souplesse d’exploitation, appétibilité et valeur alimentaire. Mais la pousse estivale est stoppée en conditions séchantes et/ou chaude (plus de 23°C).
  • Fétuque élevée: plante des terrains difficiles (du séchant à l’inondable), c’est la plus pérenne. Bien adaptée à la fauche, elle sèche plus vite que les ray-grass. En mélange elle est bien pâturée à un stade jeune, surtout associée au trèfle blanc. Choisir une variété à feuilles souples et prévoir une fauche à l’épiaison (mi-mai).
  • Dactyle : bonne pousse estivale, même en sol séchant. Bien adapté à la fauche en foin (sèche facilement), mais la conservation par ensilage nécessite un fort pré fanage (pauvre en sucres). Attention à son agressivité dans les mélanges. Fauche à l’épiaison (mi-mai) très conseillée.
  • Brome : plante de fauche, de bonnes appétences et valeur alimentaire. Très sensible au piétinement. A éviter en sol lourd, humide. Bonne pousse estivale s’il ne manque pas d’eau. Pérennité 3-4 ans en bonnes conditions.
  • Fétuque des prés : adaptée au pâturage et à la fauche, surtout en conditions froides et humides, mais souvent peu pérenne (3-5 ans). Installation délicate. Très Bonne valeur alimentaire.
  • Fléole des prés : intéressante en fauche, en secteur froid et humide, même inondable. Elle permet un gros rendement en 1ère coupe, mais les repousses estivales sont faibles. Espèce à épiaison tardive (juin), peu agressive en mélange. Nécessite un semis très superficiel.
  • Pâturin des prés* : intéressant par sa capacité à coloniser les trous grâce à ses rhizomes, et par sa résistance à la sécheresse. Bonne productivité pour les variétés fourragères, valeur alimentaire moyenne (proche de la fétuque élevée). Installation très délicate, nécessite un semis très superficiel. Implantation très lente : à réserver aux prairies de plus de 5 ans. *ne pas confondre avec le pâturin commun, fréquent dans les pâturages normands et peu productif en été.
  • Ray-grass hybride : d’implantation rapide, il peut améliorer le rendement de la 1ère coupe après le semis et permet des repousses fibreuses. Limiter la dose à 3-4 kg/ha (très agressif). Attention, en mélange il y a risque de grenaison et pollution des cultures suivantes.

Propositions de mélanges pour prairies principalement pâturées

(avec éventuellement 1 fauche par an)
Pérennité 4 ans et plus

(1) Pour le choix des variétés de ray-grass anglais et trèfle blanc : voir encadré « Choix des variétés de RGA ».
(2) entre parenthèses : mélange pour les situations très humides, régulièrement inondées. Dans ce cas le RGA est présent surtout pour assurer une couverture plus rapide du sol à l’implantation et limiter le salissement par les adventices.
(3) le RGA est présent surtout pour assurer une couverture plus rapide du sol à l’implantation et limiter le salissement par les adventices.
(4) On peut conseiller l’ajout de pâturin des près (3 à 5 kg/ha) dans tous les mélanges pour praires pâturées de longue durée (plus de 5 ans).

Propositions de mélanges pour prairies principalement fauchées

Pérennité 3 à 4 ans*
Pour chaque situation : 1 ou 2 choix de graminées avec 1 ou 2 choix de légumineuses

(1) pour ce mélange, pérennité limitée à 2-3 ans ; choisir les variétés les plus pérennes.
(2) le trèfle violet permet d’améliorer la proportion de légumineuses la 1° année, surtout au printemps
(3) le trèfle incarnat permet une proportion de légumineuses plus importante dans la 1° coupe après le semis ;  il disparaît ensuite.

La chicorée

Une espèce fourragère à découvrir !

La chicorée est réputée pour sa richesse en protéines et minéraux, et ses propriétés vermifuges naturelles liées à sa teneur en tanins, communes au plantain lancéolé.

Du fait de sa faible teneur en matière sèche, elle est à réserver au pâturage. Attention, c’est une espèce bisannuelle qui monte à tiges après un hiver d’où la difficulté de gérer les tiges avec une faible pression de pâturage.

Elle se sème dans un mélange à hauteur de 1 à 2 kg /ha. Le semis est à réaliser à 1 cm de profondeur au maximum ou en surface au regard d’un PMG inférieur à 1,5 g.


Trèfle blanc

Choix des variétés
  • Les variétés de trèfle blanc sont plus ou moins agressives. La variété choisie doit être adaptée au couvert qui l’accompagne.
  • Certaines variétés sont adaptées à la fauche, notamment les trèfles dits « géants ».
  • Les trèfles « géants » sont à éviter en pâturage intensif (continu ou retours fréquents sur la parcelle).
  • Les trèfles nains sont à réserver au pâturage continu.

Force de concurrence de la graminée et agressivité du trèfle blanc

F : variété de trèfle blanc adaptée à la fauche
N : type « nain » ; G : type « géant »
Classement indicatif d’après résultats CTPS (herbe-book.org), essais chambres d’agriculture de Bretagne et semenciers.Le classement peut varier selon les conditions d’exploitation, le type de sol…


RAY GRASS Anglais

Choix des variétés

1. La précocité d’épiaison
Les variétés très tardives, tardives voire demi-tardives sont les plus intéressantes pour le pâturage : il y a plus de temps sans épis au 1er cycle (plus grande souplesse d’exploitation), et elles sont en moyenne moins remontantes et très gazonnantes. En contrepartie le démarrage de la végétation a lieu un peu plus tard. Elles sont déconseillées pour la fauche.

Les variétés intermédiaires à demi-tardives sont à préférer pour une parcelle régulièrement fauchée. Pour le pâturage, elles ont un intérêt sur les parcelles accessibles tôt en saison (démarrage un peu plus précoce), ou en situation à faible pousse estivale. Les limiter à quelques parcelles dans le circuit de pâturage.

2. La ploïdie
Ray-grass tétraploïdes : feuilles plus larges, teneur en eau plus élevée. Ils sont en moyenne plus appétents et plus résistants aux maladies que les diploïdes.

Ray-grass diploïdes : forte capacité de tallage donc meilleure résistance au piétinement, couvert plus dense et meilleure pérennité. Un peu plus délicats à gérer au pâturage. A préférer en cas de fauche.
Le mélange de variétés diploïdes et tétraploïdes permet un bon compromis entre valeur alimentaire et pérennité de la prairie.

Exemples de choix possibles :

Secteur arrosé, parcelle saine, forte exigence sur la valeur alimentaire (vaches laitières…). Variétés tardives ou très tardives.
1/3 diploïde + 2/3 tétraploïdes, voire 100% tétraploïde si prairie temporaire (4-5 ans) pour VHP.
Parcelle sensible au piétinement, souhait d’améliorer la pérennité, pâturage tard en saison
(élèves…).
Variétés tardives ou très tardives. 60% diploïde + 40% tétraploïde
Parcelle saine, bonne portance permettant une mise à l’herbe précoce.
Parcelle avec baisse marquée de production l’été*.
Variétés intermédiaires à demi-tardives.

* pensez aussi aux espèces à bonne pousse estivale : dactyle, fétuque élevée…


Semis sous couvert

Il est fortement conseillé en semis de printemps, pour limiter le salissement et assurer une meilleure production l’année du semis.

  • L’avoine de printemps est la plante-abri la plus adaptée. Elle couvre rapidement le sol et c’est la céréale la plus appétente.
  • Semez l’avoine à densité modérée : 30 - 50 kg/ha.
  • Poursuivre en semant le mélange prairial avec le semoir à céréales, socs relevés pour semer comme à la volée. La herse derrière le semoir recouvre légèrement les graines.
  • Roulez après le semis.
  • La récolte du couvert est à réaliser au plus tard au stade épiaison, pour faire assez tôt de la lumière à la jeune prairie. Conservation possible en enrubannage, ensilage voire foin.

Mise en place

Des règles spécifiques aux prairies

Objectifs :

  • Sol fin et rappuyé en surface, pour un semis régulier et peu profond des petites graines.
  • Sol  meuble et homogène en profondeur pour un développement rapide des racines et favorisera les remontées capillaires.
  • Graines réparties sur le maximum de surface.

 4 règles

1. Affinez la terre, mais sans excès.

2. Rappuyez (rouleau packer, croskillettes…).

3. Semez superficiellement, avec le plus faible écartement possible
(tirer les goulottes, relever les socs.)

4. Roulez le sol de nouveau.

Période de semis

2 périodes de semis favorables à la germination et au développement des plantes prairiales : le début du printemps et la fin de l’été.

  • Pour les espèces d’installation lente et exigeantes en chaleur (dactyle, fétuques…) ne pas dépasser les tous premiers jours de septembre.
  • Dans les situations très séchantes, préférez les semis de fin d’été, ou très tôt au printemps (mi-mars).
  • Dans les situations extrêmes, notamment très humides, la réussite est très dépendante des conditions climatiques suivant le semis.

Contact

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Thierry JEULIN

Référent départemental Fourrages et Lait

Tél : 02 33 31 49 54

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