Entretien mécanique des prairies

Les flux rss du siteImprimer la page
Entretien mécanique des prairies

Hersage, ébousage, étaupinage, scarification, broyage des refus…

De nombreux travaux d’entretien sont traditionnellement réalisés sur les prairies, pour lesquels des matériels très variés sont proposés. Si certaines pratiques peuvent permettre de prévenir la dégradation du couvert, voire d’y remédier, il faut être prudent sur leur mise en œuvre : leur efficacité n’est pas systématique, et appliquées dans de mauvaises conditions ou avec un matériel inadapté, elles peuvent faire plus de mal que de bien, comme l’ont montré des études récentes.


Intérêts du hersage

Traditionnellement, les prairies sont hersées en fin d’hiver. Avec plusieurs avantages attendus :

nivellement, étalement des taupinières, éventuellement aération du couvert et minéralisation de l’azote accrue… Trois essais pluriannuels ont mesuré l’efficacité des matériels d’entretien des prairies.

Essai conduit par les Chambres d’agriculture des Pays de Loire de 2002 à 2004

5 prairies accumulant un feutrage racinaire asphyxiant sur les premiers centimètres de sol.

Outils comparés :

  • une herse étrille agressive pour une scarification superficielle
  • un outil de type Actisol pour une décompaction en profondeur (10-15 cm).

Résultats :

  • Pas d’effet significatif de la herse étrille sur le rendement ou l’épaisseur du mat racinaire.
  • Pas d’effet non plus du décompacteur, excepté sur l’un des sites : une amélioration significative du rendement (+1,4 t MS/ha) a été mesurée après un passage suivant un surpâturage en conditions humides à l’automne précédent.
Essai conduit de 2003 à 2006 dans le Massif Central (INRA, Chambre d’agriculture, Institut de l’élevage)

Outils comparés : passage de herse étrille et d’un scarificateur sur des parcelles à fort taux de litière.

Résultats :

  • Très variables et peu significatifs.
  • La herse étrille a tendance à faire un peu plus reculer la proportion de litière et de légumineuses.
  • Pas d’impact significatif sur le rendement, ni sur la fertilité du sol, apprécié par la mesure des indices de nutrition (N, P, K).
Essai conduit par Arvalis – Institut du végétal, en Lorraine, 2007 à 2011

Outils comparés : outils de décompaction sur prairie temporaire ancienne, en perte de productivité : scarification à 3 cm (herse Ponge), 5 cm (herse Prairial Carré) ou 10 cm de profondeur (A-Airsol Grégoire).

Résultats : pas d’effet significatif sur la valeur alimentaire du foin, ni sur l’indice de nutrition des plantes. 

Rendements, en pourcentage du témoin

Les rendements sont au mieux égaux, voire inférieurs (jusqu’a -30% pour les modalités les plus agressives) par rapport au témoin non travaillé.

Le taux de trèfle blanc augmente, tout comme le sol nu et la mousse, au détriment des bonnes graminées.

Le hersage n’a donc pas d’intérêt systématique, mais est plutôt à réserver à quelques cas particuliers :

  • Décompaction, en cas de réel besoin.
  • Nivellement de prairies piétinées par des animaux hivernés sur la parcelle.
  • Hersage d’été pour contenir l’agrostis stolonifère.
  • Passage de herse étrille pour arracher la mousse dans les zones où elle s’est trop développée.
  • Un chaulage pourra être utile pour limiter le retour de la mousse, celle-ci étant révélatrice d’une acidité de surface.
  • Emiettage des paquets de fumier après un épandage.

Tout passage ayant entrainé l’apparition de trous devra être suivi d’un sursemis pour éviter l’envahissement par les adventices.

Rendements hersage prairies en pourcentage du témoin

Equipements des différents types de herses (d’après FDCUMA Basse-Normandie)


Limitez la progression de l’agrostis Stolonifère

L’agrostis est une graminée très commune dans le  couvert prairial normand et qui peut devenir envahissante, notamment quand des vides apparaissent dans le couvert (dégâts de piétinement, campagnols, ...)

Peu productive, elle  développe des stolons à la surface du sol, peu appétants et de maigre valeur alimentaire. Au fur et à mesure de son développement, elle étouffe le reste du couvert en place. Elle semble être favorisée par les alternances de sur- puis de sous-pâturage.

Par rapport au pâturage continu, le pâturage tournant  semble la faire régresser.
Pour limiter son extension, un hersage en conditions sèches de plein été est efficace : un  passage de herse étrille assez agressif va arracher les stolons avant qu’ils n’ancrent leurs jeunes racines.


La gestion des refus

L’engrenage des zones refusées

Certaines zones des prairies sont moins consommées par les animaux parce que les espèces qui la composent sont moins appétantes, plus ligneuses ou parce que s’y concentrent les déjections. Le phénomène s’entretient dans un cercle vicieux puisque ces zones sont refusées, donc durcissent, se lignifient et perdent encore plus d’appétence.

Elles sont souvent le reflet d’un chargement inadapté. Les légumineuses disparaissent, les graminées et les diverses se développent dans ces zones de concentration de déjections.

Au printemps, les zones de refus surfertilisées poussent plus rapidement et la prairie prend alors un aspect moutonné.

Dans les parcelles pâturées par les chevaux, groupant davantage leurs crottins, on constate une mosaïque dans la parcelle, alternance de zones sur pâturées et sous pâturées.

Bien gérer le pâturage pour éviter les refus

Les solutions aux refus sont multiples et complémentaires :

Revoir sa conduite générale du pâturage, en adaptant le chargement des animaux à la surface pâturée. En pâturage tournant, on peut aussi jouer sur le temps de séjour par parcelle. Un chargement instantané plus important, avec des parcelles plus petites et des temps de séjour courts favorisent un pâturage plus homogène et la disparition des refus. Les excédents doivent être récoltés avant que la qualité de l’herbe ne se dégrade.

Revoir les hauteurs d’herbe :
Les hauteurs d’entrée ne doivent pas excéder 13 cm hauteur herbomètre (mi bottes).
Si les hauteurs d’herbe en sortie de parcelle sont trop élevées, elles peuvent favoriser les refus. Il est donc important de bien raser la prairie avant la sortie des animaux : en moyenne 5 cm herbomètre ou hauteur talon.  

Alternez fauche et pâture pour  rééquilibrer la flore et lutter contre les adventices.

Rasez la prairie à l’automne avant le repos hivernal, ou broyer les résidus si la portance ne permet plus le pâturage.


Broyer ou faucher ?

Broyer ou faucher les refus pour « niveler » l’herbe.

L'herbe repoussera alors plus tendre et retrouvera de l’appétence pour les animaux, même si les repousses de refus restent provisoirement plus vigoureuses pendant quelques temps.

Cela permet également d’éviter la montée à graine des espèces précoces comme les vulpins, les bromes mous, ou des adventices refusées (rumex, chardons…).

Le broyage est une solution quand les refus sont peu importants. La fauche permet une repousse plus rapide (coupe nette), et est à préférer face à une quantité plus conséquente d’herbe non consommée.

Pour éviter de laisser les résidus sur les zones de refus déjà surfertilisées, ils peuvent être exportés, ou laissés sécher et consommés par les animaux : fauche à la sortie des animaux, séchage une journée avec du soleil, et retour des animaux la nuit suivante.

Le broyage permet de réduire la proportion de touffes de dactyles dans une prairie permanente et améliore la digestibilité de l’herbe.


Ebousage et étaupinage

Un entretien mécanique superficiel

Les restitutions directes par les déjections à la pâture sont très importantes. Mais elles sont mal réparties sur la parcelle.

L’ébousage a pour objectif de mieux répartir les éléments fertilisants restitués. Cela entraîne une forte diminution des touffes de refus et des zones de vides.

L’ébousage en cours de saison étend les zones souillées et peut diminuer l’appétence de l’herbe.

Il doit être effectué sur une herbe rase en sortie de pâturage et avant une période pluvieuse pour « laver » l’herbe. Cela nécessite donc un pâturage tournant avec un temps de repos suffisant. Il est à proscrire sur de l’herbe haute, en pâturage continu et en conditions sèches.

Un ébousage d’arrière-saison est recommandé pour accélérer la dégradation des bouses et éviter la formation de trous qui seront comblés par les adventices.


L’étaupinage s’impose en fin d’hiver sur les parcelles de fauche, pour éviter de récolter de la terre ou d’autres souillures dans le fourrage lors de la première coupe de printemps. Il diminue aussi la casse et l’usure du matériel de récolte.

Lorsque la terre des taupinières étendue est importante, un sursemis est nécessaire. Un roulage précoce des prairies en début de printemps peut en compléter l’efficacité. Les matériels d’ébousage et d’étaupinage sont multiples, leur équipement variable.

Etaler des bouses et les taupinières nécessite des lames, des raclettes ou des socs.

Une herse étrille équipée de racloirs ou d’une lame niveleuse peut très bien étaupiner et ébouser.

Un scarificateur ou une fabrication « maison » avec des pneus ébousent parfaitement.

Mais attention à la polyvalence des outils : l’association ébousage-hersage peut entraîner un griffage agressif nuisible aux espèces fourragères sensibles telles que le ray grass.

Contact

Besoin d'informations ?
Un conseil personnalisé ?

A NOTER

Repères généraux en pâturage tournant 

Temps de présence :

  • Vache laitière : 3-4 jours
  • Vache allaitante : 8-10 jours
  • Chevaux : 20 jours
  • Ovins : 3-4 jours

Chargement instantané recommandé au printemps (Base) : 1 are/jour/UGB

Publications

Actualités